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NomadNess

Interview de Margot Bissar

Margot BISSAR, styliste, travaille dans les espaces de NomadNess depuis février 2018. Nous l'avons interrogé sur ses activités.

Tout d’abord, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Margot Bissar, j’ai 24 ans, je suis styliste.

Es-tu styliste de formation ?

Je n’ai pas fait de formation dans une école mais beaucoup de stages par-ci par-là. J’ai appris le métier de styliste, modéliste et couturière sur le terrain, dans des ateliers.

Tu as donc appris sur le terrain, avec des tutos ?

Mon ancienne belle-mère est costumière chef d’atelier au Théâtre Varia. Je la vois faire des vêtements depuis que je suis petite. Ma mère, en plus de son travail, est artiste peintre/sculptrice. J’avais donc un pied dans l’art et la couture depuis toujours.

Et comment as-tu acquis la technique pure ?

En fait, j’avais envie de faire des vêtements quand je voyais ma belle-mère créer des costumes. Pour mes 15 ans, j’ai reçu une machine à coudre de ma maman. À ce moment-là, j’ai commencé à faire des tenues de soirée pour toutes mes copines.
J’ai aussi fait un stage chez Eric Beauduin pour ma dernière année d’études artistiques en secondaires. Eric m’a réellement ouvert les yeux sur le travail en atelier, la passion et la persévérance que cela demande.
Ensuite, j’ai rencontré une styliste belge, Sarah Josis, et j’ai finalement travaillé pour elle pendant deux ans. Grâce à elle, j’ai réellement approfondi mes connaissances en patronage, en couture mais aussi dans l’organisation de la création d’une collection et d’un fashion-show. Puis j’ai tout de même tenu à aller dans une école. J’ai donc, commencé Francisco Ferrer car ils sont très fort en technique, mais après quelques mois je me suis aperçue que ça ne me convenait pas. J’avais besoin de plus de pratique en atelier, de faire quelque chose de mes mains et de pousser plus loin mon imagination.

"Je change très souvent les choses de place dans mon atelier, c’est comme dans ma tête ça doit bouger, ça doit vivre : c’est mon deuxième cerveau."

A quel moment t’es-tu lancée dans la mode au-delà de la confection de ta propre garde-robe ?

J’ai des copines qui m’ont demandé pourquoi je ne faisais pas une présentation de tous les vêtements que je créais. Je me suis dit que c’était une bonne idée et j'ai commencé à créer avec une ligne conductrice. J’ai organisé un défilé dans l’ancienne ambassade du Congo, avec un ami artiste, François Coorens, qui a présenté des peintures en lien avec mes inspirations. Ce fut une réelle surprise : je n’avais fait aucune publicité mis à part l’évènement Facebook, et j’ai quand même eu 300 personnes dont certaines de la presse belges.
Puis j’ai sorti une deuxième collection plus grande, plus artistique. J’ai eu encore plus de commandes par la suite mais je n’avais pas assez de stock.
Maintenant je fais beaucoup de pièces uniques et du sur-mesure, en attendant de pouvoir faire produire une collection complète et donc de pouvoir répondre à plus de demandes de la part des acheteurs. Je fais des voyages pour trouver le bon endroit avec la même sensibilité artistique et éthique que moi, je pense l’avoir trouvé mais je n’en parle pas plus pour l’instant...

Peux-tu décrire ton style de vêtements ?

Ma ligne de conduite, quelle que soit la saison, c’est de faire quelque chose de simple, féminin et intemporel. L’autre critère est la simplicité dans l’utilisation : je ne fais que des choses faciles à mettre. Moi-même j’ai toujours préféré les pantalons fluides par exemple, je déteste avoir trop boutons, une tirette ou me sentir coincée dans ce que je porte.

As-tu un processus de création défini ?

Je cherche beaucoup sur Internet, dans des livres, je prends beaucoup de photos dans la rue, je découpe des images dans un peu n’importe quoi et puis surtout j’écoute beaucoup de musiques différentes, la musique c’est super important pour moi. La deuxième étape est le dessin. Sur 200 dessins, je n’en choisis jamais plus de 15 que j’analyse par la suite, j’imagine ce que cela donnerait en vrai, je recherche le tissu qui conviendrait... Après vient la partie la plus longue, le patronage. Je pose ensuite les patrons sur le tissu, j’épingle, je découpe et puis je couds.

Avais-tu déjà voulu traduire complètement une œuvre ?

Oui, pour la première collection que j’ai lancée j’étais très inspirée par les photos de vieilles architectures et de murs qui craquellent. Je me suis inspirée d’un artiste qui s’appelle Soulages. Pour traduire les matériaux écrasés comme la brique, la poudre, j’ai utilisé des matières comme la laine mais dans les teintes naturelles, gris clair, foncé, ocre/rouille.
La deuxième collection était beaucoup plus Art Déco: des choses très rondes, puis, des cassures. J’avais des tissus très fluides et d’un coup du coton très rêche qui ne se fluidifie pas. Les couleurs s’inspiraient des immeubles très colorés de Miami et des peintures de David Hockney et puis jamais sans le beau gris de Bruxelles.

Quel est le vêtement qui a le plus marqué ta carrière ?

Le pantalon Margo que j’ai fait il y a trois ans, qui se serre à la taille par un nœud. C’est le pantalon que j’ai le plus vendu et maintenant il y en dans tous les magasins. Je pense que j’avais bien analysé la future tendance sans m’en rendre compte.

Que représente ton espace de création pour toi ?

Mon atelier représente “mon endroit à moi”, mon espace. Je change très souvent les choses de place, c’est comme dans ma tête, ça doit bouger, ça doit vivre : c’est mon deuxième cerveau.

De quoi est-ce que tu as besoin dans ton espace de création ?

Que l’on puisse faire ce que l’on veut dedans, c’est super important. Je ne pourrais pas être bien dans un atelier où je devrais faire super gaffe aux murs, au plancher. Quand ça bosse, ça bosse, ça fait de la crasse. Ensuite, la lumière est super importante pour moi. Et enfin, bien situé, que je puisse sortir si j’ai besoin de me vider la tête.

Comment as-tu entendu parler de NomadNess ?

Je cherchais sur 2ème main et je suis tombée sur une annonce NomadNess. J’ai envoyé un message, j’ai visité et deux jours après, c’était ok.

On a fini, merci beaucoup pour ton temps Margot !

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